Parlez Cités

MEDIAS “CITOYENS” ?

Moyens d’information dont les contenus sont produits par des individus lambda, non par des professionnels rémunérés

Phénomène d’ampleur croissante qui remet en question les structures de pouvoir médiatique, politique, économique et même académique, favorisant la montée en puissance de la société civile

À l’origine, l’avènement d’une intelligence collective, dont l’internet participatif est devenu le support privilégié et qui procède de 2 logiques :

 quantitative : circulation plus large et plus rapide de l’information

  • mouvements de masse (“flashmob”…)
  • vente en ligne (systèmes de recommandation proposés aux utilisateurs pour s’entraider dans leurs choix) ;

 qualitative : invention et expérimentation de nouveaux modèles et outils de coopération

  • wikipedia
  • aménagement urbain avec le concours des habitants

LES FREINS

Participation et diversité : deux facteurs essentiels pour l’intelligence collective.

Quelques chiffres montrent qu’il reste encore beaucoup à faire en la matière

Capacité à participer :

     30% des français n’ont pas encore internet à domicile ;

Disposition à le faire :

  • pour s’informer et se cultiver, internet prend le pas sur les médias traditionnels, sauf dans les milieux socialement défavorisés et chez les plus de 50 ans
  • sur les sites participatifs, la production des contenus est le fait d’une petite minorité : 1% de créateurs, 10% de commentateurs et 89% de spectateurs

Ouverture à la diversité :

       internet accentue la “dissonance cognitive”, tendance de la plupart des gens à sélectionner les sources d’information qui dispensent un discours confortant leurs opinions : 46% dans les médias traditionnels, 72% sur la toile…

LES PRINCIPALES CATEGORIES

 les réseaux sociaux et les forums surtout destinés à faciliter les relations pour satisfaire un besoin personnel (convivialité, entraide, pratique culturelle) et/ou constituer une communauté autour d’un projet. La plupart s’inscrit dans une logique industrielle :

  • priorité à la fonctionnalité technique et la popularité ; peu de liens entre le fournisseur, qui développe le logiciel, offre le service, et les usagers, qui produisent l’intégralité des contenus.
  • implication citoyenne faible pour le gros du public, inexistante pour le fournisseur, qui ne s’occupe ni des contenus et des valeurs que ceux-ci véhiculent, ni de réduire la fracture numérique.

Les innombrables blogs tenus par des individus ou des associations, qui visent à défendre une cause d’intérêt général ou, au niveau local, à créer du lien social. Ils servent des engagements militants :

  • priorité à des contenus pertinents, produits de façon bénévole par le “fournisseur” à partir d’outils logiciels standard, d’où fonctionnalité technique réduite, usage frustre ; popularité aléatoire, mais lien étroit avec le public.
  • implication citoyenne forte : accent sur les valeurs véhiculées, accompagnement des personnes exclues lorsque cela fait partie des missions.

Les journaux participatifs, supports d’information généralistes dont le public use principalement pour exprimer et débattre de ses opinions personnelles. Ils ont un modèle entrepreneurial comme les premiers, mais le segment de marché qu’ils occupent leur confère certaines qualités des seconds :

  • investissement du fournisseur dans l’animation de réseau (lien avec le public), pour valoriser les contenus.
  • implication citoyenne assez forte pour le fournisseur comme pour le public, de par la nature du projet ; mais pas de réponse pour l’exclusion.

L’ECHELON LOCAL : UNE SPECIFICITE PROPRE A CREER LA DYNAMIQUE PARTICIPATIVE

C’est sans doute le niveau qui convient aujourd’hui pour un média citoyen au service du “mieux vivre ensemble” :

les questions à traiter favorisent :

  • l’implication, la participation la plus large
    • chacun peut se sentir détenteur à la fois d’une part du pouvoir de décision et des compétences pour faire des propositions pertinentes, même les personnes en situation d’exclusion ;
  • la diversité, l’échange des points de vue
    • les questions concrètes qui se posent appellent des réponses pragmatiques, limitant les blocages partisans ;

les motifs de rencontres, multiples, vont donc de l’utilitaire au militant ;

les modes de relation, pas seulement à travers un écran, mais dans un même espace physique, offrent le triple avantage :

  • de la convivialité ;
  • de la proximité avec les personnes exclues, qui ont besoin d’être accompagnées ;
  • de la confiance, face au problème de fiabilité des informations qui circulent sur le net, beaucoup plus faciles à vérifier au niveau local.

 

Dans ce contexte, les 3 types de médias citoyens ci-dessus se complètent ainsi :

  • les réseaux sociaux, pour établir les relations ;
  • les blogs personnels ou associatifs, pour l’expression citoyenne, y compris celle des exclus ;
  • les journaux participatifs et les forums pour l’information locale et le débat.

MEDIA CITOYEN LOCAL : 3 OBJECTIFS CLES ET LA FAÇON DE LES ATTEINDRE

 Pour diversifier les publics et multiplier les motifs de participation, concevoir le média citoyen comme un “écosystème d’information locale”, qui combine :

  • les fonctions de réseau social et les usages de service qu’elles favorisent
  • les informations pratiques, l’actualité locale ;
  • l’expression citoyenne dans le cadre de journaux participatifs, qui favorisent l’ouverture à la diversité d’opinion.

 Pour dynamiser la participation, mobiliser sur le terrain par un travail :

  • d’implication de tous les acteurs locaux dans un processus gagnant-gagnant : ils servent de relais pour faire participer les publics avec lesquels ils sont en contact et profitent en retour de la visibilité que leur confère le média citoyen ;
  • d’accompagnement des personnes peu familières des pratiques numériques, participatives et citoyennes ;

Pour fidéliser les utilisateurs, encourager la qualité des contenus en organisant :

  • des ateliers de formation (écriture, photo, vidéo …) ;
  • des instances de délibération ouvertes à toutes les parties prenantes pour faire vivre le média : choix éditoriaux, évolution du portail …